Aout 2019 : Midi libre

Sécurité. Quatorze points hauts avec des sentinelles ou des caméras, répartis dans tout le département, scrutent l’horizon durant la saison estivale pour guider les hommes du feu afin qu’ils luttent le plus efficacement possible contre les incendies.

Pour la campagne feux de forêt 2019, il y a encore des nouveautés au sein du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de l’Hérault. Le général Éric Florès, son directeur, a souhaité rendre la vue aux opérateurs de la cellule incendie basée à Vailhauquès. Pour ce faire, trois caméras de levée de doutes ont été installées. Ainsi, le Codis n’est plus aveugle quand un incendie se déclare.

"La première caméra est posée depuis le 1er juillet sur le pic Saint-Loup, explique le commandant Éric Contreras, en charge de la défense contre les feux de forêt. La deuxième a été posée à Vailhauquès et surveille tout le secteur de Montpellier et la troisième à la Coquillade au-dessus de Cabrerolles, sur les Hauts-Cantons biterrois. Toutes les trois couvrent une surface totale d’environ 170 000 ha."

Ce système de vidéoprotection sera enrichi, dans les deux à trois ans qui viennent, de nouvelles caméras et pourrait, à terme, couvrir les territoires des 14 tours de guet héraultaises qui sont actives depuis une quarantaine d’années, du mois de juin au mois d’octobre. Les départements du Var et des Bouches-du-Rhône se sont déjà équipés de ces appareils et le résultat paraît très convaincant.

"Il faut bien garder à l’esprit que ces caméras, si elles détectent les fumées, sont avant tout le bras armé de l’opérateur vidéo qui est dans la salle opérationnelle, insiste le commandant Contreras. Grâce à elles, nous avons la vision sur les incendies, sur les chantiers à défendre. Depuis la salle, nous pouvons anticiper. Bien entendu, le Cos, le chef opérationnel sur le terrain, reste le maître des opérations. Mais, en fonction du vent et de la couleur de la fumée, nous pouvons, de notre côté, prévoir des déplacements de pompiers d’une zone à l’autre sans jamais affaiblir le système de pré-alerte ni contrarier les décisions du Cos."

Le champ des possibles est ouvert

Dès qu’un feu est signalé, que ce soit par les guetteurs ou les appels téléphoniques reçus au 18, l’opérateur vidéo rentre les coordonnées GPS, s’il les a, les azimuts (*) ou la commune. Automatiquement, la caméra se tourne vers le point désigné. En direct, toute la salle de commandement peut suivre l’alerte.

Dans le même temps, tous les mouvements des véhicules sont scrutés et, si des personnes sont sur la zone alors qu’elles n’ont rien à y faire, elles peuvent être signalées depuis le poste de commandement et ainsi être mises en sécurité. Des applications sont à l’étude pour offrir aux personnels au sol des images en direct de leur chantier.

Des calages en cours

Avec la vidéo de levée de doute, le Codis n’est donc plus aveugle. Il n’avance que grâce aux directives fournies par le seul officier sur le terrain. Tout de suite, les professionnels de la direction départementale sont en capacité de réagir en fonction de nombreux paramètres qui s’ouvrent sous leur regard.

"Ce système, encore en cours de réglage, va nous donner des informations essentielles, très précieuses. Un cahier des charges a été établi pour les besoins des pompiers. Durant toute la phase de test, cet été, les logisticiens vont affiner les besoins et les moyens mis en place pour assurer un service parfait pour la lutte contre les feux."

Les prochaines caméras qui seront déployées dans le département le seront en fonction des statistiques des départs de feux de ces dernières années. Bien entendu, un opérateur ne s’installera pas derrière chacune d’entre elles pour faire de la vidéosurveillance. Elles sont un outil qui permettra d’ajuster au mieux les besoins à déployer sur le terrain.

(*) L’angle entre la direction d’un objet et une direction de référence.

 

Credit : Jean pierre AMARGER -  MIDI LIBRE

Liens
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